La guerre d’agression en République démocratique du Congo (RDC) continue de provoquer une crise humanitaire majeure, poussant près de 80 000 personnes à fuir vers les pays voisins, selon l’Organisation des Nations unies (ONU). Depuis janvier, environ 61 000 réfugiés congolais sont arrivés au Burundi, cherchant désespérément la sécurité et l’assistance humanitaire. Cette situation s’inscrit dans un contexte de violences persistantes dans l’est du pays, où la population est prise au piège entre les affrontements armés et l’absence de solutions durables.
Lors d’un briefing à New York le 4 mars, Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, a dressé un tableau préoccupant de la situation. Il a révélé qu’environ 17 000 personnes vivent encore dans des sites de déplacement, des écoles et des églises aux abords de Goma, tandis que 414 000 autres sont en mouvement depuis plusieurs semaines. Selon lui, les autorités de facto du M23 encouragent ces populations à retourner dans leurs villages d’origine, malgré l’absence de garanties sécuritaires et de services de base. Il a également précisé que 209 000 déplacés ont trouvé refuge dans les territoires de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru, où les infrastructures locales peinent à absorber cet afflux soudain.
Face à cette catastrophe humanitaire, Dujarric a averti que l’insécurité persistante pourrait contraindre encore plus de personnes à traverser les frontières pour trouver refuge. Il a souligné l’urgence d’une réponse internationale et a rappelé la responsabilité des États voisins d’accueillir ces réfugiés.
« Compte tenu de l’insécurité généralisée dans ces provinces et dans les régions avoisinantes, de nombreuses autres personnes pourraient devoir franchir les frontières pour trouver protection et assistance », a-t-il déclaré.
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a, de son côté, appelé les pays hôtes à enregistrer tous les demandeurs d’asile congolais et à leur fournir des documents de protection.
Eli le Zérahïque