La coordination de Kinshasa du parti Envol a organisé, hier, un sit-in devant le cabinet du ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, pour exiger la libération de Merdi Mazengo, président de la section Camp Luka.
Selon plusieurs témoins, Merdi Mazengo a été appréhendé le 6 décembre par un groupe de jeunes supposément proches du vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba Kabuya. Ces derniers l’auraient conduit au commissariat de la justice de Camp Luka avant que le vice-ministre ne se rende en personne au poste pour déposer une plainte manuscrite contre lui.
Face à la pression, la police aurait transféré Merdi Mazengo au parquet de Gombe, demandant son envoi à la prison centrale de Makala, en pleine période de désengorgement carcéral.
Outre des motifs politiques, Merdi Mazengo a également été accusé de viol, bien que la supposée victime ne se soit jamais présentée et qu’aucune preuve tangible n’ait été apportée. Pour le parti Envol, il s’agit d’une manœuvre politique visant à neutraliser un adversaire gênant du vice-ministre de la Justice.
Après 100 jours de détention, la coordination d’Envol à Kinshasa a décidé d’intensifier la pression en organisant un sit-in devant le Palais de justice. Un mémo a été remis au conseiller du ministre Constant Mutamba, qui a déclaré que le dossier devait être traité sur le plan juridique, le vice-ministre ayant déposé une plainte sous PV.
Cependant, pour Dany Ndungidi, porte-parole adjoint d’Envol, cette arrestation illustre une instrumentalisation de la police et de la justice :
Ce que nous dénonçons, c’est l’instrumentalisation de la police au profit du ministre. Si une plainte devait être déposée, c’est au commissaire. Lui qui se dit avocat, auteur d’un ouvrage sur le contentieux et gestionnaire du contentieux de la République, a tenu des propos durs envers notre compagnon Merdi. Nous dénonçons cette arrestation arbitraire orchestrée par son adversaire politique, le vice-ministre de la Justice.
Pour plusieurs cadres du parti Envol, Samuel Mbemba Kabuya refuserait d’assumer la contradiction politique et chercherait à faire taire ses opposants. Cette affaire, qui suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique, met en lumière les tensions politiques au sein du pouvoir et le risque d’un usage abusif des institutions judiciaires pour régler des conflits politiques.
L’évolution de ce dossier reste incertaine, mais le parti Envol promet de poursuivre la mobilisation jusqu’à l’obtention de la libération de Merdi Mazengo.
Eli le Zérahïque